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 LITTERATURE FRANÇAISE 1:LE XVIe Siècle

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مُساهمةموضوع: LITTERATURE FRANÇAISE 1:LE XVIe Siècle   LITTERATURE FRANÇAISE 1:LE XVIe Siècle Emptyالإثنين 09 يوليو 2012, 19:07

1- Les Grands Rhétoriqueurs
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Redécouverts après avoir été longtemps dédaignés par l'histoire littéraire, les grands rhétoriqueurs doivent leur nom à la "seconde rhétorique", qui définit et codifie alors la poésie. Ce sont des poètes de cour, mais aussi des prosateurs et des auteurs dramatiques qui cumulent souvent la charge d'historiographe ("indiciaire") au sein de nombreuses cours de France (Bretagne, Bourgogne). Certains font oeuvre d'humanistes et de traducteurs, mais écrivains (et parfois conseillers) des Princes, leur première tâche est d'en soutenir les causes. Ainsi interviennent-ils dans le débat avec Rome en faisant la propagande du gallicanisme.
Souvent retenus pour leur virtuosité technique, ils brillent dans les jeux poétiques (acrostiches, palindromes, rimes équivoquées, fatras, coq-à-l'âne). Mais ils ont surtout souci déjà d'"illustrer" la langue française, d'en inventorier les "potentialités" en même temps qu'ils en recueillent l'héritage médiéval (Alain Chartier, Jean de Meung, Villon), que Clément Marot et ses disciples vivifieront à la génération suivante.

2- Jean Lemaire de Belges (1473- après 1515)

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Après des études auprès de Jean Molinet, Jean Lemaire de Belges est tour à tour au service de Pierre de Bourbon, Louis de Luxembourg, Anne de Bretagne puis de Marguerite d'Autriche, pour laquelle il compose Les Épîtres de l'amant vert sur la mort de son perroquet. En 1508, il est "indiciaire" de la Maison de Bourgogne et écrit Les Illustrations de Gaules et singularités de Troie (1511), fresque où il inscrit la Gaule dans la descendance d'Hercule de Lydie, père des Troyens et des Gaulois. Mais c'est avec La Concorde des deux langages entrepris la même année qu'il donne un texte décisif pour cette période. Art poétique qui milite pour la langue française, cet ouvrage est souvent considéré comme l'une des "ouvertures" de la Renaissance française.

3- Clément Marot (1496-1544)

C'est sous l'égide de son père, le rhétoriqueur Jean Marot, et de Lemaire de Belges, que Clément Marot fait ses débuts de poète avec Le Temple de Cupido (1514), recueil dans le prolongement de la grande rhétorique et de la poésie médiévale. Dès 1519, il entre au service de Marguerite d'Angoulême et écrit pour la maison d'Alençon l'Epistre du camp d'Attigny. Acquis à l'évangélisme du groupe de Meaux, il est dénoncé et emprisonné au Châtelet en 1526, l'année de la mort de son père, pour avoir mangé du lard en carême. Il compose alors L'Épîstre à son ami Lyon, et une satire de la justice, L'Enfer, qui n'est pas sans rappeler Villon (qu'édita aussi Clément Marot).

Valet de chambre du roi, chroniqueur brillant et insolent, aussi à l'aise dans le lyrisme que dans la satire, Clément Marot donne le 12 août 1532, L'Adolescence clementine. Il a apporté un soin particulier à la composition de ce recueil où les pièces sont classées par genres et il y ouvre une nouvelle "poétique". Le livre connaît un immense succès et fait de son auteur l'un des plus célèbres poètes de son temps : la mode est à l'épigramme, au rondeau et à l'épître. Mais l'affaire des Placards (octobre 1534), oblige Marot à fuir. Réfugié auprès de Marguerite, puis à Ferrare chez Renée de France, qui accueillait de nombreux huguenots, et enfin à Venise, il accepte d'abjurer "l'erreur luthérienne" pour retrouver la Cour. C'est l'époque de la querelle avec Sagon, celle aussi où Marot entreprend la traduction des Psaumes (Trente Psaumes, 1541). Marot traduisit 49 psaumes sur 150, son travail fut terminé par Théodore de Bèze. Mais François Ier radicalise alors sa politique religieuse et Les Psaumes sont mis à l'index (1542). Marot trouvera refuge à Genève, avant de mourir à Turin. Écarté par La Pléiade, Marot sera réhabilité au siècle suivant par Voiture, et plus tard par La Fontaine.

5- Alembert, Jean Le Rond d' (1717-1783)

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Philosophe rationaliste, physicien et mathématicien français, principal auteur et animateur, avec Denis Diderot, de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772).
Défenseur de la tolérance, il expose dans son discours préliminaire de l'Encyclopédie l'esprit scientifique qui présidait à l'oeuvre entreprise.

5- Les "Marotiques"

L'influence de Marot marqua nombre de poètes de sa génération, tant à Paris qu'à Lyon. Ils furent tous poètes de cour, parfois traducteurs, liés aux cercles humanistes et évangéliques. Nombreux sont ceux qui participeront au concours des blasons lancé par Marot depuis son exil de Ferrare, et qui aboutit à la publication des Blasons anatomiques du corps féminin.

Victor Brodeau (1502-1540), proche de Clément Marot, fut le secrétaire de Marguerite de Navarre. Il assuma, comme Claude Chappuys (1500-1575), la charge de valet de chambre de François Ier. François Habert (ca1508-ca1561) fut un écrivain prolixe et représentatif du goût marotique, qui fit de lui la cible de La Pléiade. Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), est la figure accomplie du poète de cour. Fils d'Octovien de Saint-Gelais, il est associé à Marot dans l'introduction du sonnet en France, mais ne témoigna d'aucun engouement pour publier ses oeuvres.
Charles Fontaine (1514 - ap.1564), proche du mouvement évangélique, brilla notamment avec La Fontaine d'Amour (1545). Il avait auparavant participé aux deux querelles qui animèrent le cercle des amis de Marot. Dans la Querelle avec Sagon (1534-1537), il publie les Disciples et Amys de Sagon contre Marot (1537), puis lors de la Querelle des Amies, il donne la Contr'Amye de court (1542), réponse à L'Amye de Court du marotique Bertrand de La Borderie qui avait déclenché la polémique. Quittant ensuite Paris, Charles Fontaine résidera à Lyon. Bien qu'on lui ait attribué un temps le Quintil Horatian, qui fut la réponse des marotiques à la Défense et Illustration de Du Bellay, il fréquenta néanmoins les écrivains de la Pléiade. L'humaniste Hugues Salel (1504-1553), ami d'Olivier de Magny, qui fut son secrétaire, ne fut pas non plus rejeté par le groupe de Ronsard. Enfin c'est à Charles de Sainte-Marthe (1512-1553) que fut confié le soin d'éditer Marot après sa mort.

6- La Querelle des Amies

En 1542, s'inspirant du Courtisan de Castiglione, le marotique Bertrand de la Borderie dresse dans L'Amye de Court, un portrait cynique de la femme, à l'origine d'une querelle. Antoine Héroët (1492?-1568), proche de Marguerite de Navarre, lui répond avec La Parfaicte Amye (1542) qui illustre le platonisme de cet écrivain, auteur de L'Androgyne de Platon (1536), ouvrage important dans la conception de l'éros platonicien à la Renaissance. Suivra, l'année suivante, la Contr'Amye de court de Charles Fontaine. Mais tous ces textes ne remettent pas en cause l'institution chrétienne du mariage. Ils révèlent l'importance de la femme à la Renaissance, non seulement dans la civilité parisienne ou lyonnaise mais surtout dans le débat humaniste (Marguerite de Navarre) et les belles-lettres, de la figure pétrarquisante de l'inspiratrice à celle de l'écrivain (Hélisenne de Crenne, Pernette du Guillet), gravitant autour du néoplatonisme. Louise Labé militera par sa vie et ses oeuvres pour l'établissement d'une autre image de la femme, affirmant sa liberté tant dans les choses de l'amour que dans celles de l'esprit.

7- Les Livres d'Emblèmes

LITTERATURE FRANÇAISE 1:LE XVIe Siècle Img68
Avec la parution de l'Emblematum liber d'André Alciat à Augsbourg en 1531 (traduit en français dès 1536), le livre d'emblèmes, tant en latin qu'en langue vulgaire, va connaître un destin européen jusqu'au siècle suivant. A l'origine, l'emblème réunit un intitulé (notion à illustrer), une image souvent allégorique et un bref commentaire. De nombreux auteurs publieront à la suite d'Alciat des livrets d'emblèmes réduisant souvent ce dispositif à deux éléments. On retiendra notamment l'écrivain, traducteur et libraire Gilles Corrozet (1510-1568) qui publia nombre de poètes et composa le Parnasse des poètes français, qui dresse un état de la poésie de Marot à Ronsard. Il s'attaqua à la vogue des Blasons avec ses Blasons domestiques (1539), avant de publier son recueil d'emblèmes, L'Hécatomgraphie (1540), qui reste l'une de ses meilleures oeuvres.

8- Pétrarque et le Pétrarquisme 1560-1600
De l'oeuvre de Pétrarque (1304-1374), le XVIe siècle privilégie moins l'humaniste que le poète. Avec le Canzoniere (Rerum vulgarium fragmenta), Pétrarque lègue un recueil de sonnets, chansons, sextines, ballades et madrigaux qui va constituer le modèle de la poésie amoureuse tant en Italie avec Tebaldeo, Serafino et Bembo, qu'en France.
Le Canzoniere relève de la lyrique courtoise qui fait ainsi retour en poésie. Pétrarque y rapporte l'histoire de sa passion pour une jeune fille, Laure, rencontrée en Avignon le 6 avril 1327. Composé en deux parties, opposant en miroir la vie et la mort de Laure, le recueil passe de l'évocation de l'aimée à son idéalisation, des tensions du désir à la souffrance, de l'amour terrestre à l'amour mystique. C'est l'itinéraire à la fois d'un amant et celui d'un poète qui dépasse la mort et la mélancolie par la rédemption de l'oeuvre vouée à lui assurer l'immortalité.
La Renaissance en retient la forme du "chansonnier" (Délie de Scève, L'Olive de Du Bellay, Les Amours de Ronsard, Le Printemps d'Aubigné...) ainsi qu'une topique du "discours amoureux" et une rhétorique de la passion (métaphore, analogie, hyperbole et antithèse). Le Canzoniere offrira enfin un éventail de motifs qui se perpétueront bien au delà de la Renaissance.

Le pétrarquisme se conjugue avec le néoplatonisme de la Renaissance. L'idéalisation de l'amour chez Pétrarque trouve son prolongement dans les thèmes platoniciens exprimés dans le Phèdre et le Banquet. A la fin du siècle, le néopétrarquisme va à la fois dégénérer en un "pétrarquisme blanc" (J. Rousset), poésie galante avec Desportes, Bertaut, Du Perron, et un "pétrarquisme noir", poésie tragique avec Jamyn, Jodelle, Aubigné, Sponde, Chassignet.

9- A Lyon : Maurice Scève
Seconde capitale du royaume, Lyon, au carrefour des routes vers l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne et la Mer du Nord est une ville marchande, cosmopolite et qui témoigne d'une vie intellectuelle brillante. Visitée tant par les puissants que par les écrivains (Marot, Rabelais, Marguerite de Navarre), elle connaît l'influence du néoplatonisme et du pétrarquisme (Symphorien Champier). Les impressions lyonnaises (Jean de Tournes, Sébastien Gryphe, etc.), plus libres que celles de Paris, sur lesquelles la Sorbonne exerce un contrôle très actif, offrent une diversité de textes qui en fait la richesse. Étienne Dolet, proche des padouans (Pomponazzi), s'y installe imprimeur en 1533. Il y édite Marot et le Gargantua de Rabelais.
Dès 1530, la poésie lyonnaise est sous l'influence de la poésie marotique, représentée par Philibert de Vienne, Eustorg de Beaulieu, Charles Fontaine. Mais c'est Maurice Scève (1500-1560) qui domine les lettres lyonnaises. Traducteur et poète, Maurice Scève suit la voie ouverte par Clément Marot (blasons). Mais il conquiert une place capitale dans l'histoire de la poésie avec La Délie, Object de plus haulte vertu qui paraît à Lyon en 1544. L'ouvrage alterne 449 dizains et 50 emblèmes organisés selon des distributions numérologiques et fait d'autant plus référence au Canzoniere de Pétrarque que Scève pensait avoir retrouvé le tombeau de Laure. L'interprétation de ce recueil reste aujourd'hui toujours ouverte. Des lectures ont identifié la "Délie" à Pernette du Guillet dont Maurice Scève fut amoureux, d'autres lisent dans ce mot l'anagramme de "l'idée", insistant sur l'interpénétration à Lyon du pétrarquisme et du néoplatonisme.

10- La poésie Lyonnaise (1540)

Pontus de Tyard (1522-1605)
Poète, philosophe et traducteur, notamment des Dialogues d'Amour de Léon l'Hébreu (1551), il se rapproche du groupe de Maurice Scève avec Erreurs amoureuses (1549) puis publie ce qui est considéré comme le manifeste de l'"école lyonnaise", Solitaire premier ou Discours des Muses et de la fureur poétique (1552), un dialogue pénétré de la conception du poète, dérivée du néoplatonisme de Marsile Ficin. Ami de Jacques Peletier du Mans, il rejoindra La Brigade de Ronsard, puis se consacrera à la philosophie et à des tentatives de synthèses encyclopédiques (L'Univers, 1557).
Louise Labé (1524-1566)
Éduquée à l'italienne, Louise Labé a bâti sa vie et son oeuvre autour du sentiment et du discours amoureux. Elle se maria à un cordier lyonnais, d'où son surnom de "Belle Cordière". On lui prête de multiples aventures sentimentales, notamment avec Olivier de Magny en 1554. Son Débat de Folie et d'Amour et surtout les 24 sonnets témoignent d'une rare audace dans l'expression de la passion charnelle, qui rompt à cette époque avec la mystique de l'amour platonicien.

Pernette du Guillet (1520-1545)
Ses Rimes de gentile et vertueuse dame parurent peu après sa mort. Elle fut le disciple de Maurice Scève qui lui témoigna un amour profond dont témoigne La Délie.

11- La Brigade et La Pléiade (1550-1575)


" Il me souvient d'avoir autre-fois accomparé sept poëtes de mon temps à la splendeur de sept estoilles de la Pleiade." (Ronsard, Epistre au lecteur, 1564)
Le groupe trouve son origine dans la rencontre de Peletier du Mans, Ronsard et Du Bellay. Rejoints par Jean-Antoine de Baïf au collège de Coqueret, sur la Montagne Sainte-Geneviève, ils partagent l'enseignement de l'hélléniste Jean Dorat qui exerce un magistère décisif sur un groupe qu'il initie à la poésie grecque et latine. La renommée des cours de Dorat attire rapidement un public de lettrés et d'artistes : Le Folâtre voyage d'Arcueil (1549) de Ronsard en décrit la troupe. Elle sera rejointe par les élèves du Collège de Boncourt (Jodelle, Belleau , Jean de la Péruse), où enseignent George Buchanan et Marc-Antoine Muret. C'est en 1553 que la fusion a lieu lors de la représentation de la Cléopâtre captive de Jodelle, "tragédie à l'ancienne" dont l'importance reste capitale dans l'histoire théâtrale de ce siècle.

La Brigade est lors constituée mais il faut attendre 1556 pour que naisse l'appellation de Pléiade à l'imitation de la Pléiade alexandrine. La liste qui consacre les sept poètes connaîtra plusieurs versions. La plus ancienne donne Ronsard, Du Bellay, Antoine de Baïf, Jodelle, La Péruse, Guillaume des Autels et Pontus de Tyard. En 1549, paraît Deffense et illustration de la langue française. Il constitue le texte programmatique du groupe. S'opposant à L'Art poétique français de Thomas Sébillet, récapitulation de l'art de Marot, il sera à l'origine de nombreux débats poétiques avec la parution notamment du Quintil Horatian de Barthélémy Aneau (1550).
La Deffense, inspirée par le Dialogo delle Lingue (1542) de Sperone Speroni (1500-1588), s'oppose aux poètes néolatins mais aussi aux marotiques et milite en faveur de l'usage de la langue française. Puisque les langues reposent essentiellement sur une convention toute humaine, il s'agit d'illustrer la singularité du français en le soumettant à un patient programme de travail. Lecture et exploration des ressources de la langue française au service de la création ou de la récréation verbale, retour vers les textes de l'Antiquité constituent autant de référents dans la fondation de cette littérature nationale.
Erudition et mythologie vont dès lors concourir à la constitution d'une poétique nouvelle.
La Pléiade rejette les formes archaïques de la poétique pour l'ode, l'épopée, l'hymne et enfin le sonnet et instaure une nouvelle image du poète inspiré du néoplatonisme. Animé par une fureur divine digne d'Apollon ou d'Orphée, cette figure du poète est à l'origine d'une nouvelle perception de la poésie et trouvera en Ronsard son incarnation suprême.

12- Pierre de Ronsard (1524-1585)
"Prince des poètes", Ronsard a pratiqué toutes les formes de poésie, jusqu'à incarner la figure archétypale du poète de la Renaissance. Né en 1524, promis à devenir courtisan, Ronsard est atteint d'une surdité qui l'oblige à abandonner la carrière des armes et de la diplomatie. Il reçoit les ordres mineurs et se consacre aux lettres. Le collège de Navarre, la fréquentation de Lazare de Baïf et les cours de Dorat au Collège de Coqueret décident de sa vocation. En 1550, il publie les Quatre premiers livres des Odes qui contribuent à l'installer comme le chef de file de sa génération. Il y offre un modèle de poésie "haute", inspirée par les dieux, placée sous l'invocation de Pindare, d'Horace et d'Anacréon. Puis en 1552, il donne l'Ode à Michel de l'Hospital (Cinquième Livre des Odes), pénétrée de sa conception de la "fureur poétique" qui installe la poésie face au monde comme révélation orphique, habitant le poète et le dépassant lui-même. On y atteint l'ineffable, le sacré du verbe, son énigme et son obliquité.

Avec Les Amours, Ronsard rivalise avec Pétrarque et publie son canzoniere. Le recueil gravite, dès 1552, autour de l'image de Cassandre, puis avec ses Continuations autour de celles de Marie (1555) et plus tard d'Hélène (1578). En 1555-1556, il donne les Hymnes, modèle de poésie philosophique qui réclame "style à part, sens à part, oeuvre à part".
Aumônier ordinaire du roi en 1559, il devient le poète officiel de la cour où il écrit Elégies, Mascarades et Bergeries. Ronsard, comblé de bénéfices ecclésiastiques, se tourne alors vers une poésie mondaine et, dès 1562, avec Discours sur les misères de ce temps et Remonstrance au peuple de France, vers une poésie catholique "engagée", dont se souviendra plus tard Agrippa d'Aubigné. Il achève ce parcours glorieux avec une épopée, une "Enéideà la française", La Franciade (1572), avant que Desportes ne le détrône sous Henri III. Ronsard reviendra de nombreuses fois sur son oeuvre, apportant à l'organisation de ses recueils le plus grand soin, y introduisant des échos, relativisant ses modèles et faisant en même temps rayonner son image, celle de ce "poète futur" qu'appelait La Pléiade.

13- Joachim Du Bellay (1522-1560)
Le poète appartient à la célèbre famille qui compte notamment le cardinal Jean Du Bellay (1492-1560) et le diplomate Guillaume Du Bellay (1491-1543). Après des études auprès de Marc-Antoine Muret, il rejoint le collège de Coqueret. La Deffense, en 1549, fait figure de manifeste. La personnalité de Du Bellay, son style ironique et incisif, la dédicace de l'ouvrage au cardinal Du Bellay, dont l'aura est importante en politique comme dans les lettres, vont peser de leur poids dans la "réception" de cette oeuvre. LITTERATURE FRANÇAISE 1:LE XVIe Siècle Img74
L'Olive, dédié à Marguerite de France, paraît la même année et constitue l'illustration pétrarquiste et néoplatonicienne de la Deffense. Mais l'ironie de Du Bellay ira aussi jusqu'à se moquer plus tard de cette mode. En 1553, il accompagne son oncle, le cardinal Jean Du Bellay à Rome. Voyage initiatique pour un poète de la Renaissance, ce séjour romain semble avoir laissé Du Bellay aussi perplexe que son retour à Paris en 1557. Il publie alors deux recueils dont les thématiques auront un long destin littéraire : Les Regrets, peinture de la Rome pontificale en proie aux intrigues de cour dominée par le portrait du poète en Ulysse, et Les Antiquités de Rome (1558), quête de la Rome païenne, mais surtout méditation sur le destin des empires.

ADivers jeux rustiques (1558) vient tempérer l'image mélancolique des deux autres livres. Du Bellay a conçu son recueil comme un divertissement, multipliant les imitations, mêlant les tons, y faisant figurer un Hymne à la surdité qui visait bien évidemment Ronsard mais aussi Du Bellay lui-même.

14- Philippe Desportes (1546-1606)


Philippe Desportes publie en 1573 ses Premières oeuvres. Il a fait un long séjour en Italie et en a rapporté, outre la connaissance de la langue de L'Arioste, écrivain qu'il imita, un goût prononcé pour le néopétrarquisme alors à la mode. Ce recueil en porte l'empreinte, et le public français ne tarde pas à s'enthousiasmer pour une poésie maniériste qui privilégie l'artifice. Dès lors, Philippe Desportes va ravir la première place à Ronsard et le néopétraquisme conquiert les salons, notamment celui de la maréchale de Retz. Familier du duc d'Anjou, il sera attaché à sa personne comme lecteur lorsqu'il accède au trône sous le nom de Henri III. A la mort du roi, Desportes rejoint le parti de la Ligue, mais retrouvera toutefois la faveur d'Henri IV qui le dotera d'une abbaye où il finit ses jours en travaillant à une traduction des Psaumes.
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La poétique de Desportes allie élégance et clarté à un catalogue de motifs qui s'inspire de Pétrarque mais surtout des néopétrarquistes italiens modernes. Cette poésie, qui erre à la recherche d'elle-même et célèbre l'inconstance du réel et le chaos des sensations, fut souvent mise en musique. Elle a exercé une influence considérable sur les poètes de sa génération, avant d'être résolument critiquée par François de Malherbe.

15- Réforme et poésie : Théodore de Bèze (1519-1605)

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Éduqué à Orléans par l'helléniste Melchior Wolmar, il rencontre Calvin et de nombreuses individualités du milieu protestant. Après un séjour à Paris où il publie des vers néo-latins (Poemata, 1548), il se convertit à la religion réformée et se rend à Genève. Il écrit alors la tragédie biblique d'Abraham sacrifiant puis obtient la chaire de grec de l'académie de Lausanne, avant d'occuper celle de théologie à Genève. Pasteur, il participe au colloque de Poissy à la veille des guerres de religion (1561) puis, à la mort de Calvin, il le remplace à la tête de l'Église réformée. Il achève l'entreprise de traduction des Psaumes commencée par Marot (1562), qui composeront le Psautier huguenot très diffusé dans les milieux de la Réforme (27.000 exemplaires pour la seule année 1562) et qui seront suivis par les Chrétiennes méditations en 1582.

16- Agrippa d'Aubigné (1552-1630)
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Agrippa d'Aubigné témoigne d'une précoce intelligence. Il apprend le latin, le grec et l'hébreu et suit les cours de Mathieu Beroald, père de Béroalde de Verville. Très jeune, il est témoin du martyre des suppliciés d'Amboise et des atrocités du siège d'Orléans et, après des études à Genève et Lyon, s'enrôle à quinze ans dans les troupes protestantes. Écuyer d'Henri de Navarre, il le sert jusqu'à ce qu'il abjure le calvinisme. D'Aubigné se retire ensuite sur ses terres, avant de se réfugier à Genève au moment de la conspiration contre Luynes (1620).
Considéré comme le grand poète de la période baroque, Agrippa d'Aubigné débute en poésie sous l'influence de la poétique de la Pléiade. Il compose le Printemps inspiré par Diane Salvati, nièce de la Cassandre de Ronsard. Mais ce recueil imprégné de pétrarquisme et d'une certaine violence ne sera édité qu'au XIXe siècle.

Dès 1577, il entreprend la rédaction des Tragiques, dont la première édition ne paraîtra qu'en 1616. Composée en sept livres : "Misères", "Princes", "Chambre dorée", "Feux", "Fers", "Vengeances", "Jugement", l'oeuvre renvoie aux sept sceaux de l'Apocalypse. Un violent réquisitoire retrace les persécutions subies par les protestants. Suit une mise en accusation de leurs responsables, la cour et le Palais de justice de Paris, l'évocation des martyrs protestants, la fresque des massacres des guerres de religion ; l'ouvrage se referme sur le jugement dernier. Prosateur abondant, d'Aubigné a publié une ample Histoire universelle (1619-1620) et de nombreux pamphlets, notamment Les Aventures du baron de Faeneste.




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